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Peau et cosmétiques

Les crèmes solaires Interrogations et inquiétudes au sujet des crèmes solaires, de leur efficacité et des dangers potentiels véhiculés par leurs ingrédients.

Les crèmes solaires suscitent depuis quelques années, des interrogations de plus en plus nombreuses . Certains remettent en question une efficacité dans la protection contre le cancer qui aurait été exagérée.

D'autres pointent du doigt plusieurs des filtres chimiques qu’elles contiennent et qui ont un rôle protecteur contre les UVB et les UVA. Loin d'être inoffensifs, ils auraient au sein de l’organisme un effet similaire à celui des oestrogènes, pouvant provoquer un déséquilibre hormonal.

Les filtres chimiques sont des composés chimiques organiques (comme par exemple l'oxybenzone) qui absorbent la lumière ultraviolette.

 

Certains scientifiques dénoncent le décalage entre l‘indice de protection solaire (= IP ou SPF) annoncé et la protection réelle apportée par certaines crèmes solaires. Des études menées pas le Pr Laurence Coiffard de l’université de Nantes révèlent que 25 à 30% des produits solaires auraient un indice de protection réel inférieur à celui affiché sur l’emballage. Selon cette étude, certains produits solaires contiennent des molécules anti-inflammatoires comme l’allantoïne, le bisabolol ou l’acide glycyrrhétinique, qui ont un effet anti-inflammatoire et ainsi retardent l’apparition d’un coup de soleil. Cela permet de faire grimper artificiellement l’IP solaire, sans réellement protéger davantage la peau des UV. En ce qui concerne les filtres minéraux (dans les produits bio), un IP de 30 ne pourrait être atteint uniquement lors d’utilisation d'oxyde de zinc ou de dioxyde de titane sous forme de nanoparticules. Ces mêmes nanoparticules qui soulèvent nombreux questionnements notamment chez les utilisateurs de produits bio. (Voir étude http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22707250). 

Bien que ces analyses soient contestées par les fabricants qui remettent en question l’applicabilité de tests in vitro aux conditions d’utilisation réelle, il semblerait néanmoins urgent de revoir la fiabilité des tests d’évaluation de l’Indice de Protection Solaire.

Il semblerait également, que les filtres chimiques contenus dans ces produits et qui ont un rôle protecteur contre les UVB et les UVA, ne soit pas inoffensifs. Ils auraient au sein même de l’organisme un effet similaire à celui des oestrogènes, pouvant provoquer un déséquilibre hormonal. 

En 2004, Margaret Schlumpf, de l’institut de pharmacologie et de toxicologie de l’université de Zurich a mené une étude sur  9 filtres chimiques solaires. Ces derniers ont été injectés à forte dose à des rats et des souris. L'un des filtres injectés était l’oxybenzone. Tout en étant hautement allergène, il semblerait que ce dernier puisse traverser la barrière de la peau pour passer dans le sang, l’urine et même le lait maternel. D’après la chercheuse, ces expériences menées sur les rats ont révélé chez ces derniers des malformations génitales suite à l’exposition à cette substance, et notamment un grossissement de la prostate. Deux autres filtres chimiques potentiellement dangereux pour les humains sont pointés du doigt : le 4-MBC et le 3- BC qui retarderaient la puberté des mâles, avanceraient celle des femelles et auraient un impact sur le développement des organes reproducteurs. Margaret Schlumpf déconseille d’ailleurs l’utilisation de ces filtres sur les enfants et les femmes enceintes.

(Voir étude Schlumpf et al. Endocrine activity and developmental toxicity of cosmetic UV filters--an update.Toxicology. 2004 Dec 1;205(1-2):113-22. Raffa]http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15458796?dopt=Abstract)

Pour son édition 2012, l'association américaine de protection des consommateurs EWG (l’Environmental Working Group (EWG) a étudié la composition de plus de 1800 produits solaires. Il en résulte que 1 seul produit sur 4 est reconnu par l'association comme vraiment efficace et sans danger. L’EWG dénonce des indices de protection solaire exagérés et l’usage trop fréquent d'une forme de vitamine A qu’elle considère comme un accélérateur potentiel des tumeurs de la peau (Voir étude http://breakingnews.ewg.org/2012sunscreen/sunscreens-exposed/)

(article :http://www.ddmagazine.com/1322-La-verite-sur-les-cremes-solaires.html)

Certains scientifiques vont même jusqu'à denoncer les campagnes 'anti-soleil' des dernières décennies, et prône le 'retour' au soleil. Selon eux, une exposition progressive et raisonnable, de l'ordre de 15 minutes par jour, serait le meilleur protecteur contre le cancer.

(Voir article : http://raffa.grandmenage.info/post/2005/07/20/Le_soleil_ami_ou_ennemi__)

 

Filtres chimiques et environnement :

Les récifs de corail font également les frais de ces crèmes. Chaque année, 4.000 tonnes de résidus de crèmes solaires se déposent sur les massifs coralliens. Un dixième de cette végétation en est affectée. La maladie se développe ainsi à vue d’œil chez les coraux, qui finissent par blanchir et mourir. Il s’agit d’un immense désastre écologique puisque  les coraux constituent l’un des écosystèmes les plus importants de la planète.

Deux des filtres UV, le 4-méthyl benzylidène camphre (4-MBC) et l’octocrylène (OC) ont par ailleurs été détectés dans les lacs suisses chez les poissons nageant dans ces eaux, affectant particulièrement les truites. Des composants ont également été retrouvés dans le fjord d’Oslo, en Norvège, et dans l’eau du robinet en Californie.

 

En réponse à la dangerosité des crèmes solaires classiques, plusieurs marques écologiques ont décidé de remplacer les filtres chimiques par des filtres minéraux naturels. Les produits solaires classiques en contiennent également, souvent à association avec d'autres filtres chimques.

Les filtres minéraux agissent comme un miroir. Ils renvoient les rayonnements UV sans qu’ils entrent en contact avec l’épiderme. Les deux principaux filtres minéraux utilisés dans les crèmes solaires sont le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc.

Ces crèmes présentent plusieurs avantages : elles sont efficaces contre les différents types d’UV et protègent efficacement dès l’application alors qu’il faut attendre 20 minutes pour les filtres synthétiques.

Contrairement aux filtres chimiques, les filtres naturels seraient plus stables à la lumière. En effet, au bout de 2 heures, les filtres chimiques ne sont plus capables d’assurer une bonne protection de la peau.

Cependant les crèmes utilisant des filtres solaires minéraux naturels laissent des traces blanches sur la peau car elles ne s’incorporent pas facilement. Pour éviter ce problème, certaines marques vont faire appel aux nanotechnologies. Le dioxyde de titane, va ainsi être employé sous sa forme 'nano-particule' pour pénétrer la peau plus facilement et rendre la crème transparente. Mais l'inoffensivité des nano-particules est loin d'avoir été prouvée.

Il semblerait ainsi que le dioxide de titane puisse s'introduire dans la circulation sanguine sans que les effets induits en soient encore connus. Pour éviter cet inconvénient, il faudrait d’après le dermatologue Ari Demirjian que le dioxyde de titane soit encapsulé dans un polymère, mais ceci n’est pas précisé sur l’étiquette du produit.

 

A partir du 11 juillet 2013 que les fabricants auront l'obligation d'indiquer la présence de nanoparticules dans les crèmes solaires. 

 

 

- Les filtres ayant une activité œstrogénique sur les rats

  • Benzophénone-1 (BP-1), Benzophénone-2 (BP-2)
  • Benzophénone-3 (BP-3 ou BZ-3 ou oxybenzone)
  • 4-méthylbenzylidène camphre (4-MBC)
  • 3-benzylidène camphre (3-BC)
  • Octyl-méthoxycinnamate (OMC)

Source : Margaret Schlumpf, Toxicology, décembre 2004

- Les filtres instables à la lumière

  • Oxybenzone (benzophénone-3)
  • Octyl-méthoxycinnamate (OMC)
  • La stabilité de l’oxybenzone est un sujet de controverse. L’industrie des filtres solaires affirme (évidemment !) qu’il est très stable ; des scientifiques indépendants le disent “relativement” photostable. Mais des chercheurs de l’université de Hambourg, en Allemagne, ont démontré qu’il est rapidement oxydé par la lumière.

- Les filtres qui traversent la barrière de la peau

  • Oxybenzone (benzophénone-3)
  • Octyl-méthoxycinnamate (OMC) faiblement
  • 4-méthylbenzylidène camphre (4 MBC) faiblement

- Les ingrédients à bannir

  • PABA et Padimate O : Ces ingrédients ont déjà été abandonnés par beaucoup de fabricants, car ils sont allergènes. Mais ils ont également des propriétés “photomutagéniques”, c’est-à-dire qu’ils peuvent engendrer des modifications génétiques dans les cellules de la peau, sous l’effet de la lumière.
  • Oxybenzone - L'un des principaux composants dans plusieurs écrans solaires. L’Oxybenzone est aussi un exhausteur de pénétration - un produit chimique qui aide les autres produits chimiques à pénétrer dans la peau - ce qui signifie que tout produit chimique sur la peau sera rapidement absorbé dans le sang. Cet ingrédient commun dans les produits solaires est un produit chimique endocrinien perturbateur qui endommage les cellules mais qui est aussi potentiellement dangereux pour les femmes enceintes en particulier. L’Oxybenzone a été prouvé comme diminuant le nombre de spermatozoïdes et allonger le cycle oestral chez la souris, de plus il est potentiellement cancérigène chez l'homme.
  • Palmitate de rétinol – Le Rétinyl est un dérivé de la vitamine A et est souvent utilisé dans les lotions et crèmes solaires. Il est associé à la croissance accélérée des lésions de la peau et des tumeurs lorsqu'il est combiné avec l’exposition solaire. Le rétinyl est souvent utilisé pour réduire l'apparence des rides, mais certaines données suggèrent que les FDA rétinyls ont des propriétés cancérigènes, ce qui signifie que quand ils sont appliqués sur la peau et exposés au soleil, cela peut accélérer la formation de cancer! Cet ingrédient est dans environ la moitié des écrans solaires vendus dans le commerce.
  • Octyl-méthoxy-cinnamate a été démontré comme endommageant les cellules de la peau, et de nombreuses personnes sont très sensibles ou allergiques à cette substance. Il peut provoquer une éruption cutanée grave, des rougeurs et des irritations aux personnes sensibles.
  • Benzophénone-3 (BP3), Homosalate (HMS), de camphre 4-méthyl-benzylidène (4-MBC), octyl-methoxycinnamate (MOC), et octyl-diméthyl-PABA (OD-PABA) ont tous des effets oestrogéniques (ce sont des perturbateurs endocriniens) dans le corps, qui peuvent conduire à un gain de poids (les xénoestrogènes peuvent causer des «rondeurs rebelles du ventre») et plusieurs types de cancers, y compris le cancer du sein - même chez les hommes.

- Ne pas utiliser de crèmes contenant une certaine forme de la vitamine A, le retinyl palmitate, qui favoriserait le cancer de la peau.

- Utiliser des lotions plutôt que des sprays ou des poudres

Le Center for Disease Control (CDC) a publié une nouvelle étude montrant que presque tous les Américains sont contaminés par l'oxybenzone, un ingrédient largement utilisé dans les écrans solaires. Ce produit chimique a montré jusqu'à maintenant des liens potentiels avec des troubles allergiques hormonaux, et des dommages sur les cellules, ainsi que des faibles poids de naissance chez les bébés lorsque les mères sont exposées pendant la grossesse.